62e Festival de Cannes
Le palmarès !
Et la Palme revient à...
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A la une "Coco Chanel & Igor Stravinsky" de Jan Kounen (Film de clôture)

Parent pauvre de la sélection officielle, le film de clôture est souvent ce vilain petit canard qu’on se fait un devoir de ne jamais aimer et qu’on moque volontiers. Cette année, avec Coco Chanel & Igor Stravinsky, les rieurs risquent d’être déçus. Car, sans atteindre des sommets, le cru 2009 se déguste avec plaisir. La séquence d’ouverture (la première du « Sacre du Printemps », en 1913) va même jusqu’à nous épater par sa tension et son rythme. Le reste, s’il est plus sage, n’en reste pas moins intriguant et, par instants, passionnant. Un beau film classique et maîtrisé… signé Jan Kounen. Voilà bien la vraie bonne surprise de ce Coco Chanel & Igor Stravinsky. On y découvre le réalisateur furieux de Doberman et 99F en cinéaste classique et sûr de son art ayant renoncé (pour un temps ?) aux mouvements d’appareil frénétiques, à la transe et aux effets visuels façon montagnes russes.

Quant à Anna Mouglalis, elle égale la prestation d’Audrey Tautou dans Coco avant Chanel d’Anne Fontaine, même si la comédienne livre une composition aux antipodes, Tautou étant du côté de la vitalité frondeuse, Mouglalis incarnant une icône. Face à elle, Mads Mikkelsen est royal, comme d’hab’.

Vinz

Coco Chanel & Igor Stravinsky
Réalisé par Jan Kounen
Avec Anna Mouglalis, Mads Mikkelsen, Elena Morozova, ...
Année de production : 2009
"Visage" de Tsai Ming-Liang (compétition)

En 2007, on découvrait à Cannes Le Voyage du ballon rouge du Taïwanais Hou Hsiao Hsien, tourné à Paris dans le cadre d’un projet initié par le Musée d’Orsay. Cette année, son compatriote Tsai Ming-Liang, lui aussi habitué de la Croisette, nous livre Visage, tourné également dans la capitale française, et produit en partie par le Louvre. Les fans ne seront pas dépaysés : Visage s’avère au moins aussi sensuel que The Hole, aussi déstabilisant que La Saveur de la pastèque… et aussi francophile que Et-là bas, quelle heure est-il ? 

Fanny Ardant, Nathalie Baye et Jeanne Moreau. Rezo Films

Dans ce film de 2001, le héros (Lee Kang-Sheng, déjà) rencontrait Jean-Pierre Léaud sur un banc. Le même Léaud incarne dans Visage un des comédiens choisis par un cinéaste asiatique qui tourne au Louvre un film autour du Mythe de Salomé. Il est accompagné d’autres icones « truffaldiennes » (Fanny Ardant, Jeanne Moreau, Nathalie Baye, pour des séquences qui émouvront forcément les cinéphiles), et d’une icône tout court, Laetitia Casta, rarement aussi bien filmée au cinéma. Il ne faut pas espérer se raccrocher à un récit traditionnel, le film se présente plutôt comme une succession de tableaux vivants. Certaines pièces de ce musée fantasmé subjuguent, d’autres laissent de marbre. Comme bon nombre de films de la compétition, Visage souffre d’une durée excessive, si bien que ce matin, nombre de spectateurs sont partis avant la fin de la visite, se privant ainsi de la découverte de quelques trésors.

JD



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Visage
Réalisé par Tsai Ming-liang
Avec Laetitia Casta, Fanny Ardant, Lee Kang-sheng, ...
Année de production : 2008
"Les Chats persans" (Un Certain regard), "Jaffa" (Séance spéciale)

Pas sages et clandestins. Avec son film On ne sait rien des chats persans (justement récompensé par un prix spécial au sein de la section Un Certain regard), Bahman Ghobadi (Un temps pour l’ivresse des chevaux) nous offre une virée tonique et instructive en compagnie de la jeunesse iranienne fan de rock. On y suit le parcours du combattant de jeunes musiciens motivés qui, lassés de répéter dans la clandestinité (dans des sous-sols ou même… dans une étable, au milieu des vaches !), tentent de réunir argent et passeport pour partir jouer en Europe. Si elle comporte plusieurs séquences burlesques très réussie, cette fiction documentée, tournée à la sauvette, dresse surtout un terrible constat sur l’état des libertés en Iran. On quitte ces chats la gorge serrée.


Pas sages et clandestins (suite). A Jaffa, ville connue pour ses mélanges (et ses oranges...) Mali, jeune et jolie israélienne, aime Toufik, jeune et joli Palestinien. Ils vont se marier en secret. L’un et l’autre travaillent dans le garage du père de Mali, qui emploie également le fils de la famille, le sanguin Meir. Tout est réuni pour que se noue une tragédie… Jaffa est le deuxième long métrage de Keren Yedaya après Mon trésor (Caméra d’or 2004), film âpre et très maîtrisé dans lequel une fille tentait de sortir sa mère du monde de la prostitution. La réalisatrice a repris ses deux magnifiques actrices (Ronit Elkabetz et Dana Ivgy) mais on est cette fois clairement du côté du mélodrame : une histoire simple, où les sentiments sont exacerbés et qui procure des émotions fortes. La cinéaste sait comment montrer des personnages enfermés (dans leur maison, dans leurs certitudes). La maison est d'ailleurs le motif central du cinéma israélien, c'est là que tout se joue, là qu'on observe le poids des traditions et la difficulté de s'en débarrasser. Plus accessible que Mon trésor, Jaffa (en salles le 10 juin) n'en est pas moins précieux.

JD



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"Carte des sons de Tokyo" d'Isabel Coixet - Compétition

Tokyo. Une tueuse à gages. Un espagnol vendeur de vin. Un vieil homme amoureux. Un homme d'affaire. Un suicide. Une histoire d'amour. Des sons. Du ramen (plat traditionnel japonais). Carte des sons de Tokyo, c'est un peu tout ça. Voyage mélancolique au Pays du Soleil Levant, plongée dans des recoins peu connus de la mégalopole asiatique, le film brasse un peu tous les genres, parfois au risque de perdre un peu le spectateur, entre romance et polar. Mais perdre le spectateur, ici, c'est sans doute ce que souhaite la réalisatrice espagnole Isabel Coixet. Carte des sons de Tokyo est un périple sensoriel ou les sons, le toucher, la sensation prédominent sur une narration classique. Ainsi, la cinéaste, qui filme merveilleusement Tokyo, nous entraîne dans des abymes de mélancolie et nous raconte une histoire autrement. Elle parvient avec beaucoup de maîtrise et de sensibilité à nous faire aimer ces personnages perdus, solitaires, malheureux, sans cesse en quête d'un bonheur tellement difficile à capturer. Que l'action se déroule dans l'immense et impersonnelle Tokyo ne fait qu'accentuer son propos.

Clem



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Carte des sons de Tokyo
Réalisé par Isabel Coixet
Avec Rinko Kikuchi, Sergi López, Min Tanaka, ...
Année de production : 2009
"Soudain le vide" de Gaspar Noé (Compétition)

Cannes, 10e jour... et soudain la Palme ? Peut être pas. Mais Gaspar Noé a tout de même frappé un grand coup avec ce film sans doute moins choquant qu’Irréversible mais tout aussi radical. Tout commence par une scène tournée à travers les yeux d’un homme, Oscar. On y découvre une chambre perchée dans les hauteurs de Tokyo, sa soeur, les lumières de la ville qui se confondent bientôt avec les délires hallucinatoires d’Oscar, sous l’emprise d’une drogue. S’en suit alors un plan séquence incroyable qui nous rassure tout de suite sur la forme de Gaspar Noé. Puis le film bascule. Oscar quitte ce monde et erre entre la vie et la mort. C’est cette "Expérience de mort imminente" que Noé veut alors nous faire "vivre". Car Soudain le vide est autant une expérience que du cinéma.

Caméra virevoltant entre les personnages, au-dessus des immeubles, stroboscopie, tout est fait pour nous donner l’impression d’être un ange gardien perdu dans les nuits glauques de Tokyo. La mise en scène trouve seulement ses limites dans la répétition (chaque scène semble suivre le même schéma). On pourrait également reprocher au film un scénario qui se dévoile trop lentement (le film dure près de 2h40) et qui finit par nous habituer justement à cette mise en scène si inhabituelle. Soudain le vide reste malgré tout un vrai trip, un "film hallucinatoire" (selon les mots de Gaspar Noé) qu’il faut voir impérativement en salle, sur grand écran, en priant que votre voisin ne se soit pas acheté un paquet de pop corn... Car les sons sont ici aussi important que les images pour créer ce sentiment si particulier de flottement entre deux mondes.

Eric



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Soudain le vide
Réalisé par Gaspar Noé
Avec Nathaniel Brown, Paz de la Huerta, Cyril Roy, ...
Année de production : 2009
"L'Imaginarium du Docteur Parnassus" (Hors Compétition)

Dans la catégorie "ces films qui reviennent de très loin", L'Imaginarium du Docteur Parnassus se pose clairement là ! Car le 22 janvier 2008, jour du décès d'Heath Ledger, Terry Gilliam s'était retrouvé bien démuni face à la disparition de l'acteur principal de son long métrage, dont il n'avait pas encore tourné toutes les scènes. Et, après avoir failli être rangé aux côtés de Don Quichotte, le Docteur Parnassus du titre a finalement pu dévoiler son imaginaire sur la Croisette, grâce notamment à Johnny Depp, Jude Law et Colin Farrell : tous trois amis d'Heath Ledger, ces derniers ont volé au secours de Terry Gilliam, lorsque celui-ci leur a demandé, chacun leur tour, de remplacer le comédien, à chaque fois que son personnage traversait un miroir et se retrouvait plongé dans un univers parallèle. Un coup de main donné pour rendre hommage au travail de l'acteur et permettre à son dernier film, attribué à "Heath Ledger et ses amis", de voir le jour.

Heath Ledger. Metropolitan FilmExport

L'Imaginarium du Docteur Gilliam

Au fur et à mesure que ses bobines défilent, un constat s'impose : Terry Gilliam n'a vraiment pas son pareil pour créer les univers les plus déjantés qui soient ! A coups de voyages dans des mondes parallèles, son dernier film nous propose un véritable festival visuel, auquel ne manque, hélas, qu'un peu de cohésion et une petite étincelle pour faire décoller le tout, et donner plus de profondeur à cette lutte du Bien contre le Mal assortie d'une réflexion sur le pouvoir de l'imagination. Dans l'état actuel, L'Imaginarium du Docteur Parnassus n'est, en effet, qu'un très beau livre d'images un peu glacé, malgré sa beauté plastique, son casting de rêve (Christopher Plummer, Johnny Depp, Colin Farrell, Jude Law...) et la pointe d'émotion que provoque la dernière apparition à l'écran d'Heath Ledger. Oui, c'est déjà pas mal.

M@x



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L'Imaginarium du Docteur Parnassus
Réalisé par Terry Gilliam
Avec Heath Ledger, Johnny Depp, Jude Law, ...
Année de production : 2007
"Panique au village" (Hors Compétition)

Panique au village débarque à Cannes ! Et ça fait du bien ! Adapté de la série du même nom diffusée sur Canal + en 2003, le film délicieusement absurde des belges Vincent Patar et  Stéphane Aubier a fait soufflé un bien agréable vent de folie sur la Croisette. Si le film ne révolutionne pas le concept d’origine (la technique de stop-motion ne semble pas avoir évoluée), ce long-métrage accueille toutefois quelques nouveautés du côté des voix puisque Jeanne Balibar est désormais de la partie. Chez les habitués, Benoît Poelvoorde retrouve son rôle de fermier excité (Steven) et Bouli Lanners prête sa voix à plusieurs personnages. Du coup, on ne s’étonne pas que le film ait été désigné porte drapeau du cinéma belge lors de ce 62e Festival.

L’histoire ? Cowboy et Indien, en pleine forme, décident de fêter l’anniversaire de Cheval en lui offrant un barbecue. Heureusement, tout ne se passe pas comme prévu et les deux acolytes se retrouvent finalement avec 50 millions de briques sur les bras ! Débute alors une aventure qui va mener tout ce beau monde bien au-delà de leur petit village... Une aventure d’1h16 qui a demandé plusieurs années de travail et 1500 figurines pour au final nous faire retomber en enfance, à une époque où le moindre petit jouet pouvait nous faire voyager aussi loin que notre imagination nous le permettait. Aussi hilarant que poétique, Panique au village débarquera sur les écrans français en octobre prochain. En attendant découvrez la bande-annonce ci-dessous :

Eric



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Panique au village
Réalisé par Vincent Patar, Stéphane Aubier
Avec Benoît Poelvoorde, Bouli Lanners, Frédéric Jannin, ...
Année de production : 2007
"Le Temps qu'il reste" d'Elia Suleiman (Compétition)

Sept ans après son Intervention divine (Prix du Jury du 55è Festival de Cannes), Elia Suleiman revient sur la Croisette pour nous parler du Temps qu'il reste, et nous donner à voir les 60 dernières années de l'histoire de la Palestine, à travers les yeux de son père, puis les siens. Après la romance israélo-palestinienne, Elia Suleiman reste donc dans son pays natal pour évoquer l'identité palestinienne, le temps d'une lente et jolie chronique aux accents burlesques. Avec très peu de mots, un visage impassible et un timing comique millimètré, le réalisateur définit le caractère de chaque personnage, et développe une série de situations souvent très drôles. Et si la visée principale tend un peu à se dileur dans cet humour pince-sans-rire, Elia Suleiman prouve qu'on peut bien parler d'un sujet difficile sans pour autant être pesant.

M@x

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Le Temps qu'il reste
Réalisé par Elia Suleiman
Avec Saleh Bakri, Yasmine Haj, Leila Muammar, ...
Année de production : 2009
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