Ultra violent, angoissant, sexuel, prétentieux, hyper esthétique, misogyne… Antichrist bouscule et brutalise. On ne compte plus les malaises lors des projections ni les discussions houleuses qui ont suivi. Coup de provoc ou véritable relecture du genre horrifique ? Porté par une Charlotte Gainsbourg complètement désinhibée (voire choquante pour certains) et un Willem Dafoe toujours parfait, ce film inclassable, mélange improbable entre Sam Raimi (on pense à Evil Dead), Jodorowsky et Bergman, ne peut pas laisser de marbre.

Avec une image travaillée à l’extrême, le réalisateur danois nous contraint à suivre la descente aux enfers d’un couple après le décès tragique de leur enfant. Suivant tour à tour le deuil, la douleur et le désespoir - un vrai film en trois "D" - Lars von Trier évoque la peur, la nature, la nature humaine tout en y mélangeant des thèmes religieux, ésotériques ainsi qu’une mythologie qu’il a bâtie lui-même. Au final, un fourre-tout parfois hermétique mais dont la force évocatrice des images suit le spectateur encore longtemps après la séance. Si le film va forcément partager la critique (c’est peu de le dire), on ne peut toutefois pas reprocher au réalisateur d’aller jusqu’au bout de sa démarche et de proposer un cinéma qu’on ne voit pas tous les jours…

Eric

Réactions partagées à la sortie de la projection :


Ce qu'en pense la presse

Bonne nouvelle, Von Trier a retrouvé son cinéma d’alchimiste baroque, crépusculaire (…) Antichrist pèche (…) par ses délires manipulateurs, ses excès lassants et sa provoc punk attardée.
(Gaël Golhen, Première)

Le plus sûr est de considérer ce spectacle comme la mise en scène d'un règlement de comptes, d'une sidérante violence onirique, de Lars von Trier avec lui-même. Reste à savoir jusqu'où ce terrifiant exutoire peut être partagé.
(Jacques Mandelbaum, Le Monde)

Par-delà l’outrance (…) Antichrist véhicule, par-delà toute morale, une matière très riche sur la culpabilité et le mal, le chaos de la nature et la nature humaine, entre Munch et son Cri, Strindberg et sa folie.
(Arnaud Schwartz, La Croix)

Sur le plan purement visuel, le film fonctionne, il faut juste que les spectateurs puissent oublier que ce sont de vrais individus qui sont représentés dans ces voluptueuses images.
(Peter Brunette, Hollywood Reporter)

On peut (…) juger que le film est fumeux et néanmoins féliciter Charlotte Gainsbourg de s’y être livrée corps et âme.
(Olivier Séguret, Libération)

Lars von Trier se prend terriblement au sérieux, mais son film pèche par son propos brumeux sur la culpabilité et la sexualité.
(Marie Sauvion, Le Parisien)

Annoncé comme le film choc du festival, Antichrist est un scandale… de ridicule, et on en vient à se demander si Thierry Frémaux l’a visionné avant de le sélectionner.
(Rania Hoballah, Metro)

Antichrist est une purge, d’abord très ennuyeuse, puis très pénible.
(Serge Kaganski, Les Inrocks)



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