Après le drame Mar Adentro (2003), Oscar du Meilleur film étranger, le jeune prodige espagnol Alejandro Amenabar (Ouvre les yeux, Les Autres) a fait une jolie pause. Il aurait pu enchaîner et surfer sur la vague de la popularité, il a préféré prendre du recul et attendre le sujet qui lui conviendrait le mieux. Cinq ans ont donc passés. Et avec Agora, le réalisateur revient là ou à peu près personne ne l'attendait.

Alejandro Amenabar et Rachel Weisz. Mars Distribution

Ambitieuse fresque scientifico-religieuse (le film se penche sur le destin de l'astronome Hypatie en même temps qu'il aborde le thème des conflits religieux à Alexandrie, quatre siècles après Jésus-Christ), mis en scène de manière magistrale, cette oeuvre démontre une nouvelle fois le talent de conteur d'Amenabar, et ce quel que soit le genre abordé. Son seul crédo : le coeur. Ici, il choisit ainsi de traiter un sujet complexe comme la science avec un point de vue spirituel et émotionnel. Et c'est un choix gagnant. La guerre entre religions est elle évoquée de manière aussi puissante que claire. Pas de bavardages explicatifs plombants : Agora veut avant toute chose divertir de manière intelligente. Le propre du cinéma.

Clem



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